G É N É A L O G I E   C A R V A L

Plonéour

Lanvern

1. Jean Alain LE CARVAL :

Acte de baptême de Jean Alain LE CARVAL

Voici l'extrait du baptême de Jean-Alain LE CARVAL écrit de la main du curé de la paroisse de Penmarch. "Jean-Alain Le Carval fils légitime de Alain et de Marie Le Dréau, mari et femme, né au village de Langrouguen en cette paroisse le premier novembre mil sept cent quatre vingt onze, a été solonnellement baptisé par moi soussigné curé, parrain et marraine ont été Jean Le Dréau qui signe, Anne-Marguerite Le Carval qui, avec le père présent, déclare ne savoir signer. Signatures de Jean Joseph Le Dréau, G. Morvan curé de Penmarch".

2. Jean Alain LE CARVAL : les origines

Jean Alain LE CARVAL est donc né à Penmarch à Langrouguen. Son père, Alain Le Carval est né à Kérouil en Penmarch, son arrière grand-père est né à Saint Guénolé, paroisse de Beuzec Cap Caval. Ils portent tous le nom de LE CARVAL jusqu'au haut de la pyramide de l'arbre tandis que maintenant le "LE" a disparu pour la plupart sauf dans la région de Penmarch où, aux XXIème siècle portent toujours le nom LE CARVAL. Cela peut se traduire par les enregistrements en mairie où, dans certains d'entre elles, les "L" étaient classés dans "L" tandis que dans d'autres mairies ils étaient classés dans "C". Puisque les obligations de registres se situent au milieu de XVIème siècle, il n'est pratiquement pas possible d'aller au-delà dans l'époque du temps sauf pour une catégorie de personnes, ce qui n'est pas le cas ici. Certains historiens ont cherché les origines bien au-delà mais trouvent les mêmes écueils dans leurs recherches. Il y a la particularité de trouver les CARVAL dans le Pays Bigouden et le Cap Sizun pour plus de 90% des personnes au XXème siècle. Cependant, sur la partie possible, pour l'instant, il n'est pas établi de lien entre les familles CARVAL du Pays Bigouden et celles du Cap Sizun ce qui semble assez curieux. Peut-être faut-il remonter plus haut pour en trouver.

3. Jean Alain LE CARVAL : ses enfants

Jean Alain LE CARVAL se marie en 1806 à Plonéour, à Catherine GADONNA dont la famille habite Kéréon à Plonéour. La famille GADONNA habite Plonéour depuis qu'il est possible de trouver une trace. De leur union naît 7 enfants :
1. Marie Catherine LE CARVAL: 1810-1852 qui se marie à Alain LE CORRE : 8 enfants
2. Jean Marie CARVAL : 1813-1863 qui se marie à Urbanne QUILLIEC puis à Tudyne LE GUEN : 15 enfants
3. Noël LE CARVAL : 1815-1815
4. Jean LE CARVAL : 1819-1871 qui se marie à Louise LE GARREC : 8 enfants
5.
Corentin LE CARVAL : 1823-1905 qui se marie à Anne LE CALVEZ : 8 enfants
6. Yves LE CARVAL : 1826-1892 qui se marie à Corentine LE GARREC puis à Jeanne LE LOCH : 12 enfants
7. Catherine LE CARVAL : 1829-1855 qui se marie à Henri BOIS : 1 enfant

Jean CARVAL né en 1813 ne porte pas, à sa naissance, "LE CARVAL" mais simplement "CARVAL", tous les autres enfants portent "LE CARVAL". Jean CARVAL (1813-1863) sera premier adjoint au maire de Plonéour-Lanvern.

Jean Alain LE CARVAL a donc 52 petits-enfants. De ces enfants je suis de la branche de Corentin LE CARVAL (1823-1905)

4. Jean Alain LE CARVAL et ses frères :
Les parents de Jean Alain LE CARVAL sont Alain LE CARVAL (1758-1836) et Marie LE DRÉAU (1756-1809) comme indiqué sur son acte de baptême. Le couple Alain LE CARVAL-Marie LE DRÉAU a 10 enfants. Ils sont mariés le 9 février 1779.
1. Alain LE CARVAL (1780-1780)
2.
Jean Alain LE CARVAL (1781-1836) marié à Catherine GADONNA : 8 enfants
3. Marie Anne LE CARVAL (1783-1817) mariée à Nonna LE BOENNEC : 13 enfants
4. Yves Joseph LE CARVAL (1785-1823) marié à Marie Louise MAVIC : 3 enfants
5. Alain Yves LE CARVAL (1788-1843) marié à  Marguerite LE CORRE : 9 enfants
6. Anne LE CARVAL (1791-1832)
7. Marie LE CARVAL (1791-1791) mariée à Jean Marie GUÉGUEN : 7 enfants
8. Catherine LE CARVAL (1793-1859) mariée à Henri GLOAGUEN : 5 enfants
9. Pierre LE CARVAL (1795-1832) marié à Jeanne ARNOULT : 2 enfants
10. Marie Anne LE CARVAL (1802-1809)

Jean Alain LE CARVAL a donc 47 neveux et nièces.

5. LE CARVAL à PLONÉOUR :

Jean Alain LE CARVAL n'est pas le premier LE CARVAL à venir ou à être présent à Plonéour. En 1736 Yves LE CARVAL de Plomeur, en se mariant à Jeanne LE FAOU, fait venir à Plonéour les LE CARVAL. On les trouve à Kérambleudou, à Kéricun en 1776 mais Kéricun se trouve dans la paroisse de Lanvern. Il est difficile de savoir exactement l'époque où les LE CARVAL sont à Plonéour d'autant qu'il n'y a pas de registres au delà d'une certaine période.

Pendant la période où Jean Alain LE CARVAL est maire de Plonéour, puis maire de Plonéour-Lanvern, son père fera partie de son conseil municipal. Plus tard un de ses petits-enfants, Jean Marie CARVAL de Kéréon deviendra premier ajoint au maire, pour une période, lorsque Pierre Jean DANIEL est maire.

6. Jean Alain LE CARVAL et la révolution française de 1789 :

Jean Alain LE CARVAL a un peu plus de 7 ans lors de la Révolution Française de 1789. Un âge suffisant pour se rappeler de ces événements même si le système de communication était différent de celui d'aujourd'hui. En 1789, Jean Alain LE CARVAL était à Penmarch avec ses parents, ses frères et sa soeur.

7. Jean Alain LE CARVAL et ses parents :

Jean Alain LE CARVAL se marie en 1806. Il a 25 ans, sa femme n'a pas 16 ans. S'il n'est pas l'aîné de la famille il le devient par obligation puisque le premier enfant du couple de ses enfants, Alain né en 1780, n'a pas survécu. Jean Alain LE CARVAL n'a pas 28 ans lors du décès de sa mère, Marie LE DRÉAU, en 1809. Le plus jeune des enfants a 14 ans lorsqu'ils perdent leur mère. Alain LE CARVAL, leur père ne se remarie pas. Sur les 10 enfants du couple 2 ne survécurent pas et la dernière née en 1802 décède à 7 ans. Au décès de sa femme, Alain LE CARVAL a 51 ans. Né à Kérouil en Penmarch il est à Langrouguen où il est "laboureur de terre". Beaucoup des LE CARVAL sont marins et le seront par la suite. Alain LE CARVAL vient à Plonéour en 1800, à Lescoulouarn. Sa dernière fille, Marie Anne née en 1802 naît à Lescoulouarn.

En 1800 Jean Alain LE CARVAL a 19 ans. Lescoulouarn est situé en prolongation de Kéréon. La proximité fera qu'en 1806 il se marie à Catherine Gadonna le 1er juillet. Sur son acte de mariage il signe "Jean Allain Le Carval". A sa naissance il n'y a pas de "2 L" à Alain. Il n'y aura pas non plus sur les autres actes de naissance. Lors de la célébration du mariage de Jean Alain LE CARVAL il y a 4 témoins : Alain LE CARVAL père du marié, Jacques GADONNA, père de la mariée, Jean Marie GADONNA, frère de la mariée tous trois habitant la commune de Plonéour et Nonna BOENNEC, beau frère du marié. Le mariage est célébré par Pierre Marie MERMET, secrétaire de mairie de Plonéour, délégué pour remplir la fonction d'Officier d'État Civil.

8. Jean Alain LE CARVAL et sa profession :

Jean Alain LE CARVAL est, comme son père, cultivateur à Penmarch d'abord où il aide ses parents puis à Kéréon à Plonéour à partir de 1806 lorsqu'il se marie à Catherine GADONNA. Comme son père, Jean Alain LE CARVAL sera veuf puisqu'il perd sa femme en 1831 alors qu'il n'a pas 50 ans. Marié le 1er juillet 1806, il résidera presque 30 ans à Kéréon pendant lesquelles il sera maire 17 ans et 6 mois. S'il a bien été adjoint au maire, il a dû être également conseiller municipal quelque temps avant.

9. La nomination de Jean Alain LE CARVAL comme maire :

Au début du XIXème, et même après, devenir maire n'est pas soumis au suffrage universel comme maintenant. Pour les communes de moins de 5 000 habitants, la nomination d'un maire est faite par le préfet, au delà de 5 000 habitants c'est le Consul qui se charge de la nomination du maire. En janvier 1816, Jean Alain LE CARVAL est adjoint au maire de Plonéour. Le maire de Plonéour est Yves ARNOULT, notaire. Ce dernier a déjà exercé le mandat de maire de Plonéour de 1806 à 1812. En janvier 1816, Yves ARNOULT, maire de Plonéour devint notaire à Pont-l'Abbé, emportant ses minutes dans cette commune. Ne pouvant plus exercer le mandat de maire de Plonéour qu'il détenait depuis novembre 1815, le 29 janvier 1816, il proposa au Préfet la nomination de Jean-Alain LE CARVAL dont voici un extrait de sa lettre au Préfet :

Pont-l'Abbé, 29 janvier 1816

Monsieur le préfet, Les deux citoyens que je crois les plus propres à remplir vos vues sont Jean Allain LE CARVAL adjoint de la mairie et Yves MAVIC, conseiller municipal. Ils sont tous deux pleins d'amour et de respect pour notre bon roi et pour son auguste famille et tiennent une conduite à l'abri du plus léger reproche. Il est malheureux que leur éducation ne corresponde pas à leurs autres qualités. Cependant ils savent lire et écrire et je connais dans nos campagnes plusieurs maires qui n'ont pas plus d'instruction qu'eux.

Je crois cependant, monsieur le préfet, que le moyen d'assurer la marche des affaires administratives dans la commune serait de nommer pour maire Jean Allain LE CARVAL et pour adjoint (...).

C'est ainsi qu'en février 1816, Jean-Alain LE CARVAL fut nommé maire de Plonéour en remplacement de Yves ARNOULT, désormais résident en la commune de Pont-l'Abbé, comme notaire.

10. Jean Alain LE CARVAL en mairie :

Signature de Jean Alain LE CARVAL Voici la signature de Jean-Alain LE CARVAL sur tous les actes de naissances, de mariages, de décès et documents administratifs de la commune de Plonéour et celle de Plonéour-Lanvern ensuite. Ce qui peut frapper c'est que dans sa signature il signait J. alaincarval maire, encerclant son nom. Le premier acte de naissance qu'il signe est du 17 avril 1816 en tant que maire. Cependant, il signe également l'acte de naissance du 5 février 1816 dont le maire est Yves ARNOULT, Jean Alain CARVAL étant adjoint au maire mais le 12 février 1816 il indique être maire. S'il est bien né "Jean Alain LE CARVAL, il se peut bien qu'il soit appelé "Alain CARVAL" comme son père. Sur son acte de décès du 23 avril 1836, il est indiqué "Allain Le Carval, ancien maire de Plonéour". Là il y a aussi "2 L" à Alain, donc Allain". Très souvent le second prénom était celui d'usage. Son grand père s'appelait aussi Allain Le Carval. De par sa signature, son nom était déjà "alaincarval". Il faut se remettre dans la période d'autrefois. De même, sur son acte de décès, il est mis "veuf de Catherine Le Gadonna. Là aussi le "Le" est mis parfois et pas dans d'autres cas.

11. Les actions Jean Alain LE CARVAL comme maire :

Nommé maire par le Préfet Jean-Alain LE CARVAL réunit son premier conseil municipal, le 30 mars 1816, sous sa présidence et il est nommé comme adjoint au maire Jean Marie LE BIHAN des GARENNES. Lors de ce 1er conseil municipal le conseil installe Allain LE CARVAL en tant que conseiller municipal en remplacement de Jean TANNEAU. Allain LE CARVAL n'est autre que le père de Jean Alain LE CARVAL, après qu'il ait prêté le serment suivant "Je jure obéissance aux Constitutions du Royaume et fidélité au Roy" après quoi un procès verbal est dressé.

Sont présents à ce 1er conseil : Jean Alain LE CARVAL - Thomas CANÉVET - Yves MAVIC - Guillaume LE LAY - Yves LE PAPPE - François LE LAY - Noël MARZIN - Yves LE BERRE - Jean Marie QUEINNEC - Pierre LE GUIRRIEC - Allain LE CARVAL

Jean Marie LE BIHAN DES GARENNES ne sera qu'un adjoint éphémère puisque Jean Alain LE CARVAL le remplacera par Yves LE FORESTIER de LESMADEC, dans la même année, précisément le 15 décembre 1816. Entre les deux hommes, ce sera une longue collaboration puisque durant toute la durée des mandats de maire de Jean-Alain LE CARVAL, Yves LE FORESTIER de LESMADEC sera son adjoint. Le frère de ce dernier, Jacques LE FORESTIER de LESMADEC est maire de Peumerit avant la nomination de Jean Alain LE CARVAL comme maire de Plonéour. En 1816, les deux frères occupent, pour l'un le poste de maire à Peumerit, pour l'autre le poste d'adjoint à Plonéour. Yves LE FORESTIER de LESMADEC est à la fois, négociant, agent des Postes et débit de tabac à Plonéour. Pour autant, il ne deviendra jamais maire de Plonéour, restant un fidèle adjoint à Jean Alain LE CARVAL. Toutefois, certains habitants de la commune de Lanvern vont préférer Plonéour à Lanvern.

C'était il y a 200 ans exactement !

Commune de Lanvern : Depuis la révolution la paroisse de Lanvern est devenue "commune" amputée de la partie de la trève de Saint-Honoré qui devient aussi une commune. La commune de Lanvern se révèle être une commune en parties éclatées non contiguës : quelques maisons autour de Lanvern, des fermes allant de Lanvern à Tréouron, Kéristic, Kéravel, Kersonis et la plus grande partie partant de Kerguien longeant Leurélis, Kerviligou, se prolongeant vers Bodérez puis allant jusqu'au Moulin de Bondivy, La Tour, Lestréguéoc, Kéricun, Kervélen, Kersaux. Tréordo qui touche Leurélis fait partie de la commune de Plonéour tandis que Leurélis fait partie de la commune de Lanvern. Cette dernière partie, la plus grande de Lanvern, est enclavée touchant Tréogat, Peumerit et Plonéour mais pas le bourg de Lanvern.

Administrer une commune n'est pas chose facile. Si l'on trouve bien un maire pour la commune de Saint-Honoré, il n'est pas trouvé de maire pour Lanvern. Il y a bien un conseil municipal à Lanvern mais l'administration de Lanvern est faite par Plonéour chef-lieu de canton après la révolution, lequel chef-lieu sera modifié pour être Plogastel Saint Germain. Certains habitants de la commune de Lanvern commencent à s'intégrer, de façon administrative avec Plonéour et pour cause : Jean Alain LE CARVAL, dès sa nomination de maire en 1816, administre Lanvern dont les registres rapportent qu'il indiquait être maire de Plonéour et Lanvern. Un document distinct indique Jean Alain CARVAL maire de Lanvern. Or, Plonéour et Lanvern sont bien 2 communes distinctes en 1816. Lanvern n'a pas réellement de bourg, ce qui rend la commune difficile à gérer et la vie de la commune n'est pas soutenue. Jean-Alain LE CARVAL tient très bien sa commune et sa gestion est appréciée de tous. Même si l'administration de Lanvern est faite par Plonéour, les budgets ne sont pas confondus mais distincts. Il apparaît que Jean Alain LE CARVAL était le maire des deux communes à la fois, sa nomination préfectorale en 1816 lui conférant ce titre. De toute évidence, à partir du moment où l'administration de la commune de Lanvern était faite par Plonéour, le rattachement de Lanvern à Plonéour devenait inéluctable à court terme mettant fin à la partie enclavée, le tout englobé dans la nouvelle commune de Plonéour-Lanvern.

Il est difficile de se transposer à cette époque car il n'y a pas de photo permettant de retrouver quelques traces de souvenirs de ce début du XIXème. L'église est dans un état de délabrement, ce qui n'empêche pas aux fidèles de se rassembler pour les offices. En 1817, Jean-Alain LE CARVAL inscrit au budget la création de la maison commune, plus connu sous le nom de mairie. La même année il fait acquérir par le conseil municipal le presbytère. Pour que cela puisse se faire il réunira au conseil municipal les élus et les plus imposés de la commune. Il lui fallait bien trouver un équilibre à son budget afin de payer l'acquisition. A noter que parmi ces personnes les plus imposées, Jean-Alain LE CARVAL en faisait partie car il était le 15e le plus imposé dans l'ensemble et le 6e parmi les cultivateurs de Plonéour.

Lorsque Jean-Alain LE CARVAL est nommé maire de Plonéour, la commune compte moins de 2 050 habitants.

Pour que la vie de la campagne et de la ville soit bien administrée, Jean-Alain LE CARVAL propose la nomination de deux gardes champêtres sachant que la commune n'a pas les moyens de les payer. L'un d'entre eux est affecté au bourg et à ses environs et l'autre à la parcelle du Stang et autres. Ne pouvant leur donner de traitement, il est convenu que leur est acquis le montant des contraventions qu'ils pourraient infliger aux administrés en cas de divagations d'animaux ou autres non respects des règles que la mairie a mis en place.

Le presbytère :

Si en 1817, le principe de l'achat du presbytère est acquis. Il faut trouver l'argent nécessaire pour le payer. Dans la séance du conseil municipal de mars 1817, vu la lettre du Préfet du 9 janvier 1817 autorisant la réunion du conseil afin d'établir un octroi pour pallier aux dépenses de la commune. Le conseil arrête sa demande d'octroi près du Préfet.

En 1819 Jean Alain LE CARVAL réunit avec son conseil municipal, à nouveau les plus imposés de la commune. Il expose le besoin impérieux de recourir à un impôt pour payer le presbystère. C'est ainsi qu'il fera adopté, pour 3 ans, un impôt de 0.10% sur les contributions foncières et de 0.20% sur les contributions mobilières, en supplément des impôts déjà payés par ceux-ci. Ces montants ainsi récoltés serviront à payer le presbytère et ses dépendances.

Il y a désormais un presbytère, un curé mais ce dernier se trouve dans la même situation que les deux gardes-champêtres. Il ne doit sa subsistance qu'aux dons de ses fidèles lors des messes, baptêmes, mariages ou décès ainsi que les offrandes pour les messes et le services pour le repos des âmes.

Le curé ne semble pas pouvoir subsister de son ministère par les seules quêtes, services et messes. Il demande qu'un traitement lui soit affecté. Les caisses de la commune ne peuvent y subvenir. En 1819, le Préfet ordonne le traitement de trois cents francs au curé soit le dixième de la valeur du presbytère. Ne pouvant payer ou n'ayant pas prévu cette dépense au budget de la commune, le montant du traitement du vicaire est soumis à une souscription volontaire ou un don par les fidèles. A cette époque la population de Plonéour est de 2 050 habitants, enfants et anciens compris.

La foire du 13 :

Les foires font partie du quotidien de cette époque mais leur nombre est prévu par une loi. Dans l'ancien régime, il y avait 4 foires à Plonéour : le 10 janvier, le 5 mai, le 3 juillet, le 1er septembre.

A partir de 1793, Plonéour obtient 6 jours de foires dans l'année prévus comme ceci  :

a) le jour de foire est le mardi
b) les 6 mois sont les suivants : janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre.

Cela est ainsi depuis 1793 et l'on dit dans tout le canton que les foires de Plonéour sont les plus belles, Plonéour étant chef-lieu de canton.. La commune de Plogastel, désormais canton, sollicite le changement du jour foire le fixant au lundi au lieu du mardi. Jean Alain LE CARVAL et son conseil acceptent ce changement. Cependant, la commune de Plogastel fait valoir à celle de Plonéour qu'elle lui fait une concurrence commerciale puisque les transactions se font davantage à Plonéour qu'à Plogastel alors que Plogastel est chef-lieu de canton. Jean-Alain LE CARVAL répond que Plogastel ne doit pas s'étonner d'une bien moindre fréquentation de sa foire puisque les chemins, pour ne pas dire routes, sont d'un accès difficile, affreux et mal entretenus pour arriver au sommet de la commune faisant remarquer qu'il n'y a pas d'abris en cas de pluie, de grosses averses ou d'orages.

Si la loi de 1793 autorisait la tenue de 6 foires chaque année à Plonéour, la réalité est bien différente. Un tableau général indiquant le lieu et la date des foires est imprimé chaque année afin que les participants puissent s'y rendre. Suite à une erreur d'impression, les services du département indiquent qu'à Plonéour la foire se tient le 13 de chaque mois au lieu des 6 prévues par la loi de 1793. Le maire de Plogastel considère que cela constitue un abus de la part de Plonéour. C'est pour cette raison qu'il a sollicité la modification du jour de foire. Jean-Alain LE CARVAL et son conseil municipal profitent de cette erreur d'impression, pour demander la régularisation de cette date du 13, chaque mois, comme cela se passe depuis des années. Jean-Alain LE CARVAL obtient satisfaction et il est désormais acquis à Plonéour que chaque 13 du mois il y a une foire.

Jean-Alain LE CARVAL, profite de cet échange pour fixer les tarifs des droits de place, à savoir 0.75 franc pour la journée d'homme et 3 francs pour la journée de voiture. Par l'appellation voiture, cela est charrette.

Nous sommes en 1825 lorsque cette histoire de foire de Plonéour et Plogastel intervient entre les conseils des deux communes. Entre Plogastel et Plonéour il existe une autre commune : Lanvern.

Rattachement de la commune de Lanvern à Plonéour :

Le 31 janvier 1827, par ordonnance la commune de Lanvern est rattachée à Plonéour pour donner naissance à la commune de Plonéour-Lanvern. Plonéour avait pris l'ascendant sur Lanvern. Par évidence, les deux maires de Lanvern et de Plonéour ont été les deux derniers maires de ces deux communes. Pour Plonéour, Jean Alain LE CARVAL est, pour l'éternité, le dernier maire de Plonéour et le dernier maire de Lanvern. Une nouvelle commune est née : Plonéour-Lanvern. Jean-Alain LE CARVAL est reconduit par le Préfet comme maire de la nouvelle commune. Il administrait, de fait, déjà les deux communes. Il devient donc le premier maire de Plonéour-Lanvern, nom de la nouvelle commune.

Le rattachement de Lanvern à Plonéour implique que tous les habitants de la commune de Lanvern font désormais partie de la commune de Plonéour-Lanvern, aux contours parfois mal définis à l'époque. La population totale de Ponéour-Lanvern est désormais de 2 900 habitants environ.

Le rattachement de Lanvern à Plonéour intervient "jour pour jour" à 11 ans après la nomination de Jean-Alain LE CARVAL comme maire de Plonéour et maire de Lanvern le 31 janvier 1816. Etait-ce un hasard du calendrier ou une volonté de marquer l'histoire. Personne n'est plus là pour nous le dire.

Confection du cadastre en 1828

Jean-Alain LE CARVAL réunit son conseil municipal, le 20 mars 1828, ainsi que les plus imposés de la commune afin de nommer les classificateurs en vue de la confection du cadastre et déterminer les contours de la commune de Plonéour-Lanvern. Lors de la nomination d'un des gardes champêtres l'un était pour la parcelle du Stang et autres.

Annexion du quartier du stang en 1829 :

Dans la foulée, Jean-Alain LE CARVAL annexe, en 1829, tout le quartier du Stang à Plonéour-Lanvern ce qui provoqua la réclamation des maires de Tréguennec et de Saint-Jean Trolimon. Lors de la nouvelle délimitation de la commune de Plonéour-Lanvern, à cet endroit du Stang, les maires de Tréguennec et de Saint-Jean Trolimon ne firent aucune observation mais vinrent protester par la suite. Après le rattachement de Lanvern à Plonéour, Plonéour-Lanvern s'agrandit à nouveau en 1829.

Jean-Alain LE CARVAL réunit son conseil municipal déplorant la réclamation des maires de Tréguennec et Saint-Jean Trolimon et la rejète, considérant l'annexion comme définitive au seul motif qu'ils ont été informés avant la délimitation, que le fait de n'avoir porté aucune observation vaut acceptation pure et simple.

Le rattachement de Lanvern à Plonéour et les nouvelles délimitations de la commune font d'elle la plus grande du Pays Bigouden. A noter que lors de la création des communes, Saint-Honoré qui dépendait de la paroisse de Lanvern devint une commune distincte avec un maire bien défini, rattachée plus tard à Plogastel Saint Germain. La commune de Lanvern n'était pas la même que celle de la paroisse de Lanvern, puisqu'elle était amputée de la trève de Saint Honoré.

Cette même année de 1829, Jean Alain LE CARVAL et son conseil municipal, fixent les nouveaux tarifs pour les foires car Plonéour-Lanvern est devenu le lieu de rencontres et d'échanges par excellence dans le Pays Bigouden. Précédemment, les tarifs sont fixés pour la journée d'hommes et de voitures.

Désormais, comme la foire prend de l'ampleur, Jean-Alain LE CARVAL propose, en janvier 1830, de modifier les tarifs du droit de place en tenant compte des chevaux et des boeufs en supplément des hommes et des voitures. Le nouveau tarif est établi à 1 franc pour la journée d'homme, 1 franc pour la journée de cheval, 1 franc pour la journée de voiture, 0.50 franc pour celle des boeufs.

En 1831, Jean-Alain LE CARVAL devise la commune en 3 sections pour les élections municipales : Lanvern et Coatmeur, Le Stang et la petite parcelle, le bourg et Trégalet.

Courant 1832, Jean-Alain LE CARVAL laisse son adjoint de toujours, Yves LE FORESTIER de LESMADEC gérer les documents administratifs comme les actes de naissances, de mariages et de décès. En décembre 1832, Jean-Alain LE CARVAL perd sa femme, Catherine GADONNA.

Le 18 août 1833, Jean-Alain LE CARVAL cesse ses fonctions de maire de Plonéour-Lanvern mais reste conseiller municipal.  Il a exercé la fonction de maire durant 17 ans et 7 mois, la plus longue depuis la création des communes. Sa soeur Anne LE CARVAL décède quelques jours plus tard, le 25 août 1833.

Ce n'est pas son adjoint de toujours qui est nommé maire mais Jérôme KERNILIS, notaire à Plonéour-Lanvern. D. GUICHAOUA est nommé 1er adjoint et Hervé RIOU, 2ème adjoint. Yves LE FORESTIER de LESMADEC n'est plus adjoint.

Cependant, si Jean-Alain LE CARVAL a cessé ses fonctions de maire le 18 août 1833, il n'en demeure pas moins qu'il est consulté pour les chantiers qu'ils avaient suggérés ou engagés durant cette dernière mandature et qu'il n'a pas pu les terminer. Il est présent à la réunion du conseil municipal du 1er septembre 1833 dont il signe les décisions. Jean Alain LE CARVAL est présent à la réunion du conseil municipal du seize février 1834.

En mai 1834, deux gardes-champêtres sont nommés. Le conseil municipal décide d'établir un droit de police. C'est son adjoint de toujours, Yves LE FORESTIER de LESMADEC qui est chargé de la rédaction de ces dispositions. Si le traitement des deux gardes-champêtres n'est pas explicitement déterminé, sur proposition de l'ancien adjoint de Jean-Alain LE CARVAL, LE FORESTIER de LESMADEC propose que les amendes soient versées à la commune et que le traitement des deux gardes-champêtres sera prélevé sur ces amendes, la différence restant à la commune. Durant ce même conseil, le tarif des amendes est fixé par animal et par tête comme : taureau : 20 centimes, boeuf : 20 centimes, veau : 10 centimes, chèvre : 25 centimes, génisse : 10 centimes, porc non muselé : 50 centimes, truie non muselée 50 centimes, etc...

A la même séance du conseil municipal, la question des octrois est ajournée, l'octroi étant une taxe sur les produits.

Le 23 avril 1836, Jean-Alain LE CARVAL décède à Kéréon en Plonéour-Lanvern. Il n'a que 54 ans tandis que son père, toujours en vie file vers ses 80 ans. La page Jean-Alain LE CARVAL se termine. Plus tard son fils, Jean-Marie CARVAL, de Kéréon également, deviendra premier adjoint au maire. Il existe toujours des CARVAL de la ligne directe de Jean-Alain LE CARVAL qui habitent à Kéréon en Plonéour-Lanvern.

Durant ses plus de 17 ans de mandats, Jean Alain LE CARVAL a réalisé beaucoup pour sa commune. Cependant, il n'a pas pu remettre en état l'église qui s'effondre en 1836, la même année où Jean-Alain LE CARVAL quitte cette terre.

12. 5 arrières-petits-fils de Jean Alain CARVAL décédés à la guerre 14/18 :

A Plonéour-Lanvern, 5 arrières-petits-fils, portant le nom CARVAL, descendants de Jean Alain CARVAL.

Mon grand-père était l’arrière petit-fils de Jean Alain CARVAL. A Plonéour, en 1916, 4 arrières petits fils de Jean Alain CARVAL périrent sur les champs de bataille et un 5e en 1917. Je rappelle ici leurs noms pour un devoir de mémoire :

CARVAL Jean Marie mort le 01.07.1916
CARVAL Jacques mort le 25.08.1916 (mon grand-père)
CARVAL Corentin mort le 31.08.1916
CARVAL Jean Yves, mort le 08.11.1916
CARVAL Laurent mort le 16.04.1917

13. L'article sur Jean Alain CARVAL :

 Cliquez sur l'image pour voir la page de l'article du "Chasseur Français"

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Plonéour


Le chemin à l'envers Il nous arrive tous, à un moment de notre vie, de penser ce que pouvait être la vie de nos ancêtres. Refaire "Le chemin à l'envers" permet de retracer une partie de leurs vies grâce aux écrits qu'il nous reste. Les réunir dans un ou plusieurs ouvrages c'est reculer leur oubli pour plusieurs décennies. A l'époque, pas de caméra ni de photos pour les ascendants les plus lointains. Seules des signatures si un  registre de baptême, de naissance; de décès permettaient de suivre les mouvements. Quant à leur quotidien, tout était précaire sans aucune commodité. L'hiver avait prise sur eux car les moyens de chauffage étaient très limités. En campagne, le bois était la premère matière qui servait à réchauffer les maisons sur des âtres ouverts où le vent s'engoufrait, happant la chaleur émise par ces bûches. Sur la table, une nourriture dérisoire où le pain servait de base. Les habitations aux murs épais avec des fenêtres étroites empêchaient parfois le soleil de réchauffer les pièces. Ces murs faits de pierre et de terre n'étaient toujours droits. A l'intérieur, dans les pièces principales, le sol en terre battue gardait l'humidité remontant le long des murs. La lumière était celle du jour, la chaleur celle du soleil. Sans même remonter si loin dans le temps, partout dans les campagnes on retrouvait ce paysage. S'il nous reste des écrits, tout le monde ne savait pas lire ni écrire ni compter. Cela était réservé à une catégorie de personnes. Ici dans ma région point besoin de reculer si loin pour se souvenir de ces habitations modestes. Dans certains coins l'électricité ne vint qu'après les années 50. Les bougies, les lampes à pétrole servaient à éclairer les longues soirées d'hiver devant ces cheminées ouvertes. Le mot "confort" s'il existait dans le dictionnaire ne trouvait pas sa prolongation dans la réalité. Il y avait cette différence entre la vie dans les campagnes et dans les bourgs des villes. Aujourd'hui cette différence perdure entre les citadins et les campagnards. C'est pour cela que, petit à petit, certains ont quitté les campagnes pour vivre en ville dans le confort qui n'existait pas chez eux. La présentation, ici, n'est qu'un petit aperçu de ce chemin à l'envers dans lequel nous devrions puiser des idées afin d'être moins exigeants. D'hier et d'aujourd'hui, le contraste est grand, il y a tant de choses à savoir car si nous sommes là, ce n'est pas par hasard mais grâce à ceux qui ont tracé le chemin avant nous.

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